Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 09:56
Son regard est de larme
Son visage de sang
A terre elle s'échappe
Rampe comme un serpent
Traçant le sol de ses larmes
Son sang devient pale
Elle est en terreur
Rien ne se calme

Les coups tapent et tapent encore
Les sons sont se désaccordent
Allongée sur le sol
Elle a peur de la mort


Son regard fixe le sien
Pendant qu'il la tabasse la saccage
Encore plus fort encore
Ses mains se colorent de sang
Elle devient indolore
Elle ne pourraplus appeler
Je crois qu'elle est morte
Dans cette chambre martyre


Les coups tapent et tapent encore
Les sons sont ses silences
Allongée sur le sol
Elle approche la mort


Ses yeux deviennent des étoiles
Ils restent ouverts et sans appel
L'homme la regarde
D'un air bestial la frappe plus fort
Son corps devient mou
Il ne veut plus se défendre
Comme une poupée de chiffon
Elle ne peut plus répondre


Les coups tapent et deviennent des gongs
Les sons n'alerteront personne
Allongée sur le sol
Elle demande la mort


Son regard est de plai
Son visage amoché
L'homme tapera et tapera encore
Avant de demander pardon
Il est trop tard elle s'envole déjà
Elle ne ressent plus son corps
Elle plane dans le tunnel mortuaire
Elle ferme ses yeux et fait un voeu
Plus jamais cela mon Dieu


Les coups se sont espacés
Les sons deviennent invisibles
Allongée sur le sol
Elle est morte

un texte qui me touche enormement
Par rosae
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 16:27


Poème du violon Lazare

J'ai dit au violon Sors de ta peluche bleue
J'ai dit à la lune Ecarte les arbres noirs
J'ai dit à la beauté Prends-moi dans tes bras de silence
J'ai dit à la mort Mets ta petite main dans la mienne

Où cela se passait-il qu'il faisait si doux
Une eau chantait pas loin je m'en souviens c'est tout

Comme les amoureux les violons sont nus
La lune se sentait ce soir hors de sa sphère
La beauté n'avait d'yeux que pour des inconnus
La mort apparemment ailleurs avait affaire

Où cela se passait-il les radios s'étaient tues
Et nul souffle n'enflait le manteau des statues

Les violons couchent tout nus comme les morts
La lune a tout à coup la beauté d'une épaule
Elle ramène dessus le châle des saules
Apparemment là-haut plus qu'ici le vent mord

A la fin des fins où cela se passait-il
La beauté comme la mort était de sortie

Violon violon muet comme une bûche
Orange d'avoir brûlé ton ventre et ton dos
Sur cette plage d'azur où tu faisais dodo
Lazare lève-toi de ton lit de peluche

Le vaste monde est à tes pieds comme une étoffe usée
Le vaste monde est à tes pieds comme un carrelage du crépuscule
Le vaste monde est à tes pieds comme une poupée brisée
Comme un spéculateur qui s'aperçoit avoir fait un mauvais calcul
Le vaste monde est à tes pieds comme une proposition refusée

Où cela se passait-il Dans quel cimetière
L'ombre à tes genoux montait de la terre entière

Tu demeures tout bête et regardes ta main
Gardant l'impression d'une main dans ta paume
Ne crains rien la mort t'abandonne dans son royaume
Pour cueillir un trèfle à quatre feuilles au bord du chemin

Où cela se passait-il Peut-être en Judée
Il y a partout des Lazare à mon idée

Au clair de la lune on lui voit toutes ses cordes
Les vers dans son ventre vide entrent par deux trous
Qu'as-tu fait de ton suaire homme maigre et doux
Ah Lazare tu n'es pas beau je te l'accorde

Où cela se passait-il qu'en disaient les rats
Et cette odeur de pourriture et caetera

Ce violon comment voudriez-vous qu'il chante
Ce violon comment voudriez-vous qu'il crie
Quand la mort n'est plus là pour de sa main touchante
          Faire signe à Marthe et Marie

Où cela se passait-il Il faisait si lourd
Des chevaux hennissaient tout près dans une cour

Lazare est comme un instrument dont nul ne joue
A quoi lui sert-il de revenir sur la terre
S'il n'y peut même fredonner un petit air
La lune détourne de lui sa grosse joue

Où cela se passait-il Tout paraît étrange
La mort a les yeux bleus au pays des oranges

Le violon revient dans sa boîte de bois
La mort s'assied dessus et la lune se cache
Dans un bistrot près de la pointe Sainte-Eustache
La dernière beauté s'accoude au bar et boit


Où cela se passait-il Ah la vie est brève
La recommencer n'importe où le mauvais rêve


Louis Aragon, Les Poètes
Par rosae
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /Juil /2008 16:19
 Concert gratuit au domaine d'ô ( montpellier 34 ) le 23 juillet 2008 à 22h :

http://www.myspace.com/elisabethkontomanou

Par rosae
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